Pourquoi a-t-on peur de la nuit ?

La peur de la nuit est bien connue des insomniaques, mais pas seulement. Si nos ancêtres avaient des petits lits ce n’est pas uniquement à cause de leur taille. Mais plutôt car ils avaient pour coutume de dormir assis, contre un édredon. À l’époque, on pensait que la position allongée attirait la mort.

Peur de la mort, de lâcher prise, du silence, du noir ou encore de l’insomnie… la nuit a de nombreuses raisons de nous effrayer. Néanmoins toutes ont un point commun, elles nous empêchent de trouver le sommeil.

La peur du noir, d’être vulnérable

Cette peur, généralement associée à l’enfance, est souvent la conséquence d’un sentiment d’insécurité. Celle-ci se dissipe dans la plupart des cas à l’âge adulte, cependant il arrive qu’elle se transforme en phobie. Par la mise en place de certaines stratégies d’évitement, on va s’enfermer dans cette peur. Laisser les lumières allumées, vérifier dix fois sous le lit, derrière les rideaux ou être à l’affût du moindre bruit sont autant d’habitudes qui vont alimenter cette peur, lui donner du crédit. Cette impression d’insécurité dans l’obscurité n’est bien souvent que la conséquence de nos pensées. Essayez de baisser progressivement la lumière, de plus en plus longtemps. Lorsque vous verrez qu’il ne vous arrive rien, les pensées qui alimentent votre angoisse perdront de leur emprise. Certains traumatismes du passé peuvent être à l’origine de cette peur. Dans ce cas, il est bénéfique d’en parler à un thérapeute spécialisé.

La peur de lâcher prise 

L’endormissement est un moment d’abandon, or certains d’entre nous ne savent pas lâcher les commandes pour laisser le sommeil les gagner. Vouloir contrôler sa vie est souvent une force mais il peut être aussi un défaut lorsque vient le soir. Le sommeil n’est pas quelque chose que l’on force. Plus on le cherche, moins on dort. Les pensées et les croyances qui se forment au fil de notre expérience jouent parfois en notre défaveur, « Je dois dormir ce soir », « Je dois être en forme pour la réunion de demain », « Je ne serais pas en forme demain si je ne dors pas tout de suite »…

La peur du silence

Le soir, le silence de la maison laisse place au vacarme de nos pensées. C’est ce que l’on appelle la rumination. On pense aux erreurs du passé, aux soucis du présent ou aux dangers du futur. Conséquence, l’anxiété monte et le sommeil s’éloigne. Il est prouvé que les personnes insomniaques produisent plus de cortisol que les autres, c’est une des conséquences de la suractivation cérébrale nocturne. De nombreux exercices existent pour aider à calmer le flux de pensées nocturnes, relaxation, méditation, sophrologie ou imagerie mentale…

Pourquoi notre esprit choisi-t-il ce moment pour ressasser nos préoccupations ?

Le jour, notre conscience est centrée sur nos obligations du quotidien (professionnelles, familiales, domestiques…) et nos divertissements (télévision, réseaux sociaux …). Dans notre lit, nous n’avons plus matière à occuper notre esprit afin d’éviter que nos pensées resurgissent.

La peur de l’insomnie 

Lorsque l’on souffre d’insomnie, le lit devient un lieu d’anxiété et de détresse. L’idée même d’aller se coucher devient une source de stress. On anticipe le moment fatidique où l’on devra aller se coucher. On parle d’anxiété d’anticipation. On angoisse à l’idée de la mauvaise nuit que l’on risque de passer. On associe le lit à l’insomnie. Nos pensées agissent comme un catalyseur de notre stress, qui lui même entretient l’insomnie. C’est RR Boltzin, qui le premier, a mis en place dans ses thérapies comportementalistes le contrôle du stimulis. Cette méthode a pour but de renforcer mentalement l’association lit-sommeil.

 

La peur d’un danger n’en diminue pas moins le risque, pourtant elle provoque à coup sûr une émotion négative pour celui ou celle qui la porte. Pour reprendre les propos d’Épictète : « Ce n’est pas les événements difficiles qui nous tourmentent, mais les pensées que nous avons à propos de ces événements ».

Dr. Clément Bacle – Co-fondateur Officina Santé

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