L'éducation du patient, une prise en charge insuffisante...

L’accompagnement et le suivi des personnes souffrant de pathologies chroniques constitue une priorité majeure de santé publique.

Presque 1 Français sur 3 souffre d’une ou plusieurs maladies chroniques (20 millions de personnes). Cette tendance est en constante hausse avec le vieillissement de population.

1. À quoi sert l’éducation thérapeutique ?

Selon l’OMS, “l’éducation thérapeutique du patient (ETP) vise à aider les patients à acquérir ou maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique”.

Les compétences d’auto-soins sont définies comme les décisions prises par le patient dans l’intention de modifier l’effet de sa maladie sur sa santé.

Les compétences d’adaptation correspondent aux facultés du patient à adopter une démarche positive pour faire face aux problèmes et aux difficultés de la vie quotidienne.

2. L’éducation thérapeutique au niveau national et régional.

Avec plus de 3 950 programmes d’éducation thérapeutique validés par les Agences Régionales de Santé (ARS), l’intérêt des professionnels de santé pour l’ETP n’est plus à démontrer. Force est de constater que l’ETP impacte positivement les patients qui en bénéficient, mais le nombre de patients accompagnés est insuffisant.
Des plus il existe un manque d’uniformisation des programmes : plus de 1000 programmes différents pour le diabète, 540 pour les maladies cardio-vasculaires 400 pour les maladies respiratoires…

3. Quelques chiffres

La moitié des patients qui souffre de diabète ou de maladies cardiovasculaires ne prend pas régulièrement son traitement. Plus inquiétant encore, 22 à 28% des patients ayant subi une transplantation rénale sont également non observant au risque d’entraîner un rejet de leur greffe.

L’ETP est aujourd’hui considérée comme un élément essentiel de la prise en charge des pathologies chroniques, pourtant, en pratique, sa mise en application est difficile : implication variable des professionnels de santé et des patients, hétérogénéité des pratiques, insuffisance de la formation des professionnels de santé, modalités de financement et d’organisation non stabilisées